Diversification : Aguila Technologies reprend l’intégrateur industriel Dismo
Par Anthony Michel | Vendredi 25 septembre 2026

Le groupe Aguila Technologies a repris au 1er septembre l’entreprise parisienne Dismo, spécialiste de l’intégration de chaînes de production industrielle. Une croissance externe qui permet au groupe d’espérer prochainement un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros.
« C’est le schéma inversé par rapport à ce qu’on connaît d’habitude », pose avec le sourire Hubert Forgeot, président d’Aguila Technologies, basée à Bidart. En effet, cette fois ce n’est pas une entreprise de province qui se fait racheter par un groupe parisien, mais bien l’inverse. Au 1er septembre, le groupe Aguila a donc repris Dismo, une société parisienne d’ingénierie et d’intégration industrielle. Elle se spécialise dans l’intervention « à chaque fois où il y a des problématiques de rendement et de performance de la chaîne industrielle », en fournissant des chaînes complètes ou des sous-ensembles.
Historiquement, Dismo a plutôt servi le marché de l’automobile. L’entreprise s’est illustrée ces dernières années en accompagnant la transition du secteur vers l’électrique. Au fil des années, l’entreprise a diversifié ses débouchés vers l’aéronautique, le nucléaire, chez Framatome par exemple, et vers ce que le dirigeant appelle des « niches industrielles spécialisées » auprès de Caterpillar ou John Deere.
Des partenariats qui ont permis à Dismo d’être référencé en rang 1 auprès des grands donneurs d’ordre. « C’est eux qui sont consultés quand un grand industriel veut faire évoluer sa ligne de production », explique Hubert Forgeot.
Quel lien entre Aguila et Dismo ?
Pour Aguila, l’opération répond à trois logiques. La première est la volonté de se diversifier et de participer à la souveraineté industrielle française. « Dismo est en plein dedans », salue celui qui est aussi président de la French Tech Pays Basque. Deuxième raison, la capacité de Dismo à capter des marchés, croisée avec les savoir-faire historiques d’Aguila. L’entreprise de Bidart est connue pour ses compétences en électronique, IoT et systèmes communicants intelligents, qu’elle compte mettre à disposition de Dismo. Troisième raison, enfin : le pari du hardware. Très présent sur les activités liées à l’IA, le dirigeant dit croire à la valeur des activités « où tu as le matériel », dont les transitions « vont être beaucoup plus longues à mener », permettant selon lui de mieux s’insérer dans ces transitions.
Ce qui a fini de convaincre Aguila de se porter acquéreur de l’entreprise parisienne, c’est aussi son implantation avec le Pays basque espagnol. En effet, Dismo sert de nombreux clients installés outre Bidassoa. « On était déjà convaincu, mais ça a fini de nous convaincre », sourit Hubert Forgeot. Enfin, dernier facteur important, l’engagement de Dismo, « depuis plusieurs années », sur la RSE, avec une notation Ecovadis, quelque chose de « rare » chez les acteurs industriels, selon le dirigeant, qui compte « l’amplifier », lui-même impliqué dans la Convention des Entreprises pour le Climat au Pays basque.
Une holding dédiée et un ancrage local
Grâce à l’arrivée de Dismo, Aguila en profite pour créer une véritable entité légale « Aguila Industries » dédiée « à porter toutes nos activités liées à l’industrie », qu’elles soient issues de création interne ou de croissance externe. Aguila apporte à Dismo « tout un volet innovation qui était peu présent à ce jour ». De son côté, Dismo apporte à Aguila « une solidité dans le business et une installation dans l’industrie » qui font gagner « des années ».
Dismo emploie à ce jour cinq personnes. Depuis le 1er septembre, la direction opérationnelle, composée de deux personnes, a été rapatriée à Bidart. Les trois autres salariés restent quant à eux à Paris. D’autant qu’Aguila conserve également les locaux parisiens que détenait Dismo, dans le 9ème arrondissement. « Ça permet d’avoir un pied parisien », justifie le dirigeant, y voyant un moyen de « maximiser la présence parisienne » et appuyer leur « existence dans l’écosystème. »
Des synergies attendues dès 2027
Les premières synergies sont attendues « très rapidement » sur 2027. La priorité, dans un premier temps, est de « reprendre les manettes » et de mettre en place le management et le fonctionnement attendus. Ensuite viendront les « transfuges » dans les deux sens : innovation apportée par Aguila, marchés apportés par Dismo.
Concrètement, le dirigeant privilégie le fait de proposer des solutions Aguila aux clients de Dismo, dans des marchés pas faciles à pénétrer, comme le nucléaire, où « c’est très compliqué de rentrer ». En parallèle, l’innovation apportée par Aguila doit permettre à Dismo d’accélérer sur l’automatisation et la connectivité, et d’élargir son spectre de marchés « complémentaires » qu’il ne prenait pas jusqu’ici, faute de savoir-faire technologique interne.
Cap sur les 10 millions d’euros
En intégrant Dismo, Aguila élargit sa surface financière. En effet, Aguila devrait boucler cette année autour de 6 millions d’euros de chiffre d’affaires consolidé au niveau groupe, Dismo inclus, contre 2 millions l’an dernier sans Dismo. La prochaine étape affichée : le franchissement des 10 millions d’euros de chiffre d’affaires consolidé au niveau groupe. Le tout piloté « depuis le centre du monde… à Bidart », conclut le chef d’entreprise.
